Créer une société au Canada devrait être une aventure excitante — pas une source de confusion. Mais que vous soyez un entrepreneur canadien débutant ou un fondateur étranger cherchant à s'installer dans l'un des pays les plus favorables aux affaires au monde, vous avez probablement déjà rencontré une terminologie qui vous a fait hésiter. Numéro d'entreprise ? Numéro de société ? Rapport annuel — attendez, lequel ?
Ne vous inquiétez pas. Vous n'êtes pas seul. Ce sont parmi les points de confusion les plus courants que nous observons chez nos clients chaque jour. Clarifions tout cela une fois pour toutes.
1. Numéro de société vs. numéro d'entreprise — ce n'est pas la même chose
Lorsque vous constituez une société au Canada — dans n'importe quelle province ou au fédéral — votre nouvelle société se voit attribuer un numéro de société. Vous le trouverez sur vos Statuts constitutifs ou votre Certificat de constitution. Considérez-le comme l'identifiant interne que le registre des sociétés utilise pour suivre votre entreprise dans sa base de données.
Voici où cela devient intéressant : si vous vous constituez en société sans choisir de nom d'entreprise, ce numéro de société devient en fait partie de la dénomination sociale de votre entreprise (par exemple, « 12345678 Ontario Inc. » ou « 98765432 Canada Ltée »).
Mais voici le numéro qui compte vraiment dans votre vie professionnelle quotidienne : le numéro d'entreprise (NE). Il est émis par l'Agence du revenu du Canada (ARC) et c'est celui que vous utiliserez presque partout — ouverture de comptes bancaires, travail avec les fournisseurs, relations avec les partenaires internationaux, déclarations fiscales, et bien plus encore.
Votre numéro d'entreprise est un numéro à 9 chiffres qui sert de passerelle vers divers comptes de programmes de l'ARC comme la TPS/TVH, la paie, l'importation/exportation et l'impôt sur le revenu des sociétés. Donc, quand quelqu'un demande votre « numéro de société » ou « identifiant d'entreprise », il fait presque toujours référence à votre numéro d'entreprise de l'ARC — pas celui qui figure sur votre certificat de constitution.
Conseil : si un partenaire étranger demande votre « numéro de TVA », il demande essentiellement votre inscription à la TPS/TVH, qui est liée à votre numéro d'entreprise.
2. « Rapport annuel » — deux déclarations, un nom déroutant
Celui-ci fait trébucher les propriétaires d'entreprise canadiens et étrangers, et pour cause — le terme « rapport annuel » est utilisé pour deux déclarations complètement différentes au Canada.
Le rapport annuel de société est une déclaration que vous faites auprès du registre des sociétés (provincial ou fédéral, selon le lieu de votre constitution). Il s'agit essentiellement d'une mise à jour confirmant que votre société existe toujours, fonctionne toujours, et que toutes les informations au dossier — administrateurs, dirigeants, adresse enregistrée — sont toujours exactes. Considérez-le comme un bilan de santé rapide de vos registres corporatifs.
La déclaration de revenus des sociétés est déposée auprès de l'Agence du revenu du Canada et constitue un processus beaucoup plus complexe. C'est votre déclaration fiscale proprement dite — déclaration des revenus, des dépenses, des déductions et calcul de ce que votre société doit (ou de ce qui lui est dû).
Voici la différence clé dans les délais : le rapport annuel de société est généralement dû dans les 60 jours suivant la date anniversaire de votre société (cela peut varier légèrement selon la juridiction). La déclaration de revenus, en revanche, est due dans les 90 jours suivant la fin de votre exercice financier — qui peut ne pas du tout coïncider avec l'anniversaire de votre constitution.
Les deux sont obligatoires. Manquer l'une ou l'autre peut entraîner des pénalités, et négliger votre rapport annuel de société peut même entraîner la dissolution de votre entreprise. Donc, chaque fois que quelqu'un mentionne « rapport annuel », demandez toujours de préciser de lequel il s'agit.
3. Constitution provinciale vs. fédérale — cela limite-t-il votre zone d'activité ?
C'est un point majeur, surtout pour les entrepreneurs qui pensent que se constituer en société en, disons, Ontario signifie qu'ils ne peuvent faire des affaires qu'en Ontario. C'est tout simplement faux.
Une société constituée en vertu des lois de n'importe quelle province canadienne est libre d'exercer ses activités partout au Canada — et à l'international, d'ailleurs. Votre province de constitution ne met pas de clôture géographique autour de vos activités commerciales.
Alors pourquoi quelqu'un choisirait-il la constitution fédérale ? Il peut y avoir des raisons valables — comme une protection accrue du nom dans toutes les provinces, ou des exigences réglementaires spécifiques. Mais pour de nombreuses entreprises, la constitution provinciale est la voie la plus simple et la plus économique, et elle ne limite en rien votre portée opérationnelle.
Si vous pesez les options, le bon choix dépend de vos besoins commerciaux spécifiques. Mais ne laissez pas le mythe des limitations provinciales vous pousser vers une décision qui n'est peut-être pas nécessaire.
4. Propriété étrangère et règles sur les administrateurs — qu'est-ce qui est réellement requis ?
Il existe un mythe persistant selon lequel les non-Canadiens ne peuvent pas posséder entièrement une société canadienne. Rétablissons les faits.
Il n'y a aucune restriction sur les actionnaires étrangers au Canada. Un particulier ou une entité non canadienne peut détenir 100 % des actions d'une société canadienne — dans n'importe quelle province, dans n'importe quelle juridiction. Point final.
Là où les choses deviennent un peu plus nuancées, c'est au niveau des administrateurs. Certaines juridictions canadiennes exigent que 25 % des administrateurs soient des citoyens canadiens ou des résidents permanents vivant au Canada. Il s'agit d'une exigence de résidence pour les administrateurs — pas pour les actionnaires.
Cependant, trois provinces se distinguent comme étant particulièrement accueillantes pour les fondateurs étrangers : l'Ontario, la Colombie-Britannique et l'Alberta. Dans ces provinces, il n'y a aucune exigence d'administrateur canadien. Cela signifie que votre société peut être entièrement détenue, gérée et dirigée par des résidents non canadiens.
C'est précisément pourquoi ces trois provinces sont considérées comme les juridictions les plus attractives pour les entrepreneurs internationaux cherchant à établir une présence commerciale au Canada.
5. Combien de personnes faut-il pour constituer une société ?
Voici une question que nous recevons étonnamment souvent : « Ai-je besoin d'un associé pour créer une entreprise au Canada ? »
La réponse est claire et simple : non. Vous n'avez besoin que d'une seule personne pour constituer une société au Canada. Il n'y a aucune exigence d'avoir plusieurs actionnaires, plusieurs administrateurs ou tout type d'accord de partenariat.
En fait, une seule personne peut cumuler les trois fonctions simultanément — servant d'unique actionnaire, d'unique administrateur et d'unique dirigeant de la société. Vous n'avez pas besoin d'embaucher quelqu'un ou de faire appel à qui que ce soit uniquement pour satisfaire une exigence légale.
Et comme nous l'avons mentionné précédemment, dans des provinces comme l'Ontario, la Colombie-Britannique et l'Alberta, cette personne n'a même pas besoin d'être résidente canadienne. Donc, que vous soyez un entrepreneur solo à Toronto ou un fondateur basé à l'étranger, vous pouvez créer et gérer votre société canadienne par vous-même.
6. Les entreprises inactives ou déficitaires doivent-elles quand même produire des déclarations de revenus ?
Réponse courte : oui, absolument.
Chaque société au Canada est tenue de produire une déclaration annuelle de revenus auprès de l'ARC — même si l'entreprise n'est pas activement en exploitation, n'a aucun revenu ou fonctionne à perte.
Mais voici quelque chose que beaucoup de propriétaires d'entreprise ne réalisent pas : produire des déclarations de revenus pendant vos années déficitaires n'est pas seulement une obligation légale — cela peut en fait être une décision financière judicieuse.
Si votre société est une startup qui dépense de l'argent pour le développement de produits, le marketing ou l'infrastructure avant de générer des revenus, ces pertes ne disparaissent pas. Lorsqu'elles sont correctement déclarées, elles peuvent être reportées en avant et utilisées pour compenser les bénéfices futurs, réduisant potentiellement votre facture fiscale à l'avenir.
Il existe différents types de pertes — les pertes en capital et les pertes d'exploitation — et chacun a ses propres règles quant à la manière dont il peut être appliqué aux revenus futurs. C'est là que les conseils fiscaux professionnels deviennent inestimables. Mais la conclusion est simple : ne sautez pas vos déclarations fiscales simplement parce que votre entreprise ne gagne pas encore d'argent. Ces pertes initiales pourraient valoir quelque chose plus tard.
L'essentiel
La terminologie corporative canadienne n'a pas à être intimidante. Une fois que vous comprenez les distinctions — numéro d'entreprise vs. numéro de société, rapport annuel de société vs. déclaration de revenus, constitution provinciale vs. fédérale — tout commence à se mettre en place.
Et si vous êtes un entrepreneur étranger, le Canada est l'un des pays les plus accessibles au monde pour créer une entreprise. Avec des provinces comme l'Ontario, la Colombie-Britannique et l'Alberta offrant zéro exigence d'administrateur canadien et aucune limite sur la propriété étrangère, les barrières à l'entrée sont remarquablement faibles.
Cet article est fourni à titre informatif uniquement et ne constitue pas un avis juridique ou fiscal. Pour des conseils spécifiques à votre situation, veuillez consulter un professionnel qualifié ou contacter directement notre équipe.
FAQ
Quelle est la différence entre un numéro de société et un numéro d'entreprise au Canada ?
Le numéro de société est un identifiant interne attribué par le registre des sociétés lors de la constitution. Le numéro d'entreprise (NE) est un numéro à 9 chiffres émis par l'ARC utilisé pour les comptes fiscaux, les opérations bancaires et les activités quotidiennes.
Pourquoi le Canada a-t-il deux « rapports annuels » différents ?
Le rapport annuel de société est déposé auprès du registre des sociétés pour confirmer que votre entreprise existe toujours. La déclaration de revenus des sociétés est déposée auprès de l'ARC pour déclarer les revenus et calculer les impôts. Les deux sont obligatoires avec des échéances différentes.
La constitution provinciale limite-t-elle l'endroit où je peux faire des affaires au Canada ?
Non. Une société constituée dans n'importe quelle province canadienne peut exercer ses activités partout au Canada et à l'international.
Un non-Canadien peut-il posséder entièrement une société canadienne ?
Oui. Il n'y a aucune restriction sur les actionnaires étrangers au Canada. L'Ontario, la Colombie-Britannique et l'Alberta n'ont aucune exigence d'administrateur canadien.
Combien de personnes faut-il pour constituer une société au Canada ?
Une seule. Une personne peut être l'unique actionnaire, administrateur et dirigeant. Dans certaines provinces, cette personne n'a même pas besoin d'être résidente canadienne.
Les entreprises inactives ou déficitaires doivent-elles produire des déclarations de revenus ?
Oui. Chaque société canadienne doit produire une déclaration annuelle de revenus auprès de l'ARC, même sans revenus ou en situation de perte.
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